Interview : Henning Wagenbreth



Interview Henning Wagenbreth – Fonctionner avec la minutie d’un scientifique


Dans la communication visuelle, il y a souvent de l’espace et de la liberté pour l’interprétation. Une image peut changer le sens d’un mot et un message celui d’une photo. L’illustrateur Berlinois, Henning Wagenbreth, a souhaité faire réfléchir les étudiants de l’école Intuit.lab sur le thème de l’interférence entre les mots et les images. Retour sur son expérience durant la semaine de Workshop…

Bonjour Henning, pouvez-vous vous présenter brièvement…

Je viens de Berlin et je suis illustrateur. Je travaille régulièrement pour le monde de l’édition, sur la réalisation d’affiches ou l’illustration de timbres. Concrètement tout ce qui nécessite d’être illustré.

Vous avez abordé l’interférence avec les étudiants de votre atelier. Comment avez-vous procédé ?

Pour ce workshop, je voulais faire travailler les étudiants sur un projet en commun et les faire créer avec un pochoir. Son utilisation leur a permis de découvrir ou redécouvrir une technique. Ils les ont réalisés, coupés, imprimés et partagés entre eux. De cette manière, nous avons exploré le sens des images et des mots et toutes les interférences entre les photos, les couleurs et les mots. J’ai apprécié de ne pas les avoir fait travailler sur des ordinateurs mais d’avoir privilégié le travail manuel.
Cela leur a permis de renouer avec la simplicité de travailler en 2D, la beauté des couleurs et des formes simples, afin de les amener à ne pas suivre un style mais à créer le leur. Nous avons débuté par le cadre, puis le design d’un objet ou d’une personne. Enfin, nous avons ajouté des mots et avons tenté de trouver les bonnes combinaisons.

Qu’avez-vous pensé des travaux de vos étudiants ?

Au démarrage, les projets étaient trop compliqués. Au fur et à mesure, ils ont découvert la simplicité que je voulais les amener à explorer. Ensuite, ils ont eu à composer avec des pinceaux, des éponges et des impressions. L’autre difficulté qu’ils ont été amenés à dépasser a été de partager leurs travaux et ne plus se focaliser sur l’idée de propriété personnelle de leurs projets. Ils ont compris qu’avec les pochoirs, les travaux pouvaient facilement se recommencer une deuxième fois et être transmis à quelqu’un d’autre pour qu’il y apporte sa contribution sans perdre de sa valeur. C’était l’idée de ce workshop. Au final, les étudiants ont réalisés un très bon rendu.

Qu’avez-vous retenu de cette expérience ?


Personnellement, je me suis rendu compte à quel point il est compliqué d’être strict surtout dans l’art. Pourtant, il est important de travailler avec de la discipline. Les étudiants n’apprécient pas forcément de suivre des règles mais à un moment, ils comprennent qu’en design, on doit aussi fonctionner avec la minutie d’un scientifique.


Henning Wagenbreth
Illustrateur