Interview de Cláudio Gil

En mars 2013, Cláudio Gil a animé un workshop à l’école intuit.lab. Pour nous, il revient sur cette semaine.
 
Intuit.lab : Bonjour, peux-tu te présenter ?
Cláudio Gil : Je m’appelle Cláudio Gil, je vis au Brésil, à Rio de Janeiro. Je suis designer graphique, graphiste, artiste plasticien et j’enseigne l’histoire du design à l’université de Rio. 
 
IL : Que penses-tu de ta semaine à l’école intuit.lab ?
CG : Cette semaine a été une expérience inoubliable et incroyable. J’ai été amusé et curieux à la fois de venir à Paris, dans une école de design, pour animer un atelier de calligraphie dans un pays qui a une tradition calligraphique bien plus  importante que le Brésil qui est un pays jeune, qui n’a que quelques siècles. Je crois que c’était une expérience inoubliable, oui, du fait de l’attention des étudiants, de notre façon de communiquer… Certains étudiants parlaient anglais, je parlais anglais… Mais notre mode de communication véritable était le design, le dessin, la calligraphie et j’ai été enchanté, vraiment, c’était une excellente expérience, quelque chose d’unique.
 
IL : Quelle est la différence majeure entre le Brésil et la France du point de vue du graphisme ?
CG : Et bien, nous n’avons pas de tradition comme je l’ai déjà dit, en calligraphie et en typographie. Nous sommes très jeunes dans ce domaine. Nous avons de bons designers, de bons artistes, mais je crois — comme le disait Hernan — qu’au niveau de l’histoire, nous sommes vraiment très jeunes. Quand l’Europe vivait la Renaissance, nous avons été découverts par les portugais, les espagnols, les français, par ce que nous appelons le « vieux monde ». Je crois que la différence est dans l’histoire, la culture, dans la façon de s’exprimer. Par exemple, dans la classe, nous avons travaillé sur des affiches. Ici, c’est dans la culture, je connais la tradition historique, ce sont des signes de communication visuelle, de design… A mon avis, la différence majeure n’est pas que c’est mal fait, mais nous avons une jovialité, une énergie très fraîche pour apprendre de ce qui existe, alors qu’ici c’est une histoire très ancrée, très forte, c’est une discipline qui se voit partout : dans l’architecture, dans les balades, c’est une maturité. Alors que nous en sommes encore à l’enfance en matière de design graphique. Nous sommes très attentifs à ce qui se passe ici et nous voulons vraiment faire les choses bien. Je crois que nous avons besoin de faire ce chemin.
 
IL : Qu’est-ce qui te plaît le plus à Paris ?
CG : La ville, évidemment. Je trouve que l’architecture réellement est magnifique. Je vis à Rio et, bon, il y a des choses anciennes et des choses modernes, mais par exemple, cette semaine a été intense et j’ai passé beaucoup de temps à l’école, mais ce qui m’a frappé, c’est l’architecture, ces immeubles hauts, la conservation des choses. Il y a une atmosphère romantique, Paris est une ville magique, la ville des lumières, comme on dit. Il y a une lumière particulière. Ce qui me plaît à Paris, c’est Paris, voilà. Ah oui : les parisiens. Jje ne connaissais pas, j’avais entendu des histoires sur les français, mais là je suis venu et j’ai vu les gens. Ca a été une expérience unique, la ville, Paris est impressionnante !
 
IL : Merci beaucoup !