Grignan où la magie de l’imprimerie traditionnelle

Située dans la Drôme, la petite commune de Grignan abrite, outre son château, une bâtisse du XVe siècle faisant office de musée de la typographie, d’une librairie-imprimerie et d’un café. Un lieu de vie hors du temps, où se sont retrouvés, en stage, les étudiants de 3e année d’intuit.lab Aix et Paris. Dans un cadre feutré, ils ont plongé dans l’histoire de la typographie. Ils vous livrent leurs impressions…


Avant la rentrée, deux groupes d’étudiants des campus d’Aix-en-Provence et de Paris se sont succédés à Grignan pour découvrir la magie des mots.  Accompagnés par les maîtres des lieux, Philippe et Yoann, ils se sont offerts une « véritable immersion dans le monde de la typographie. Un métier dont la tradition se perd avec l’essor du numérique », explique Tyfanie.

« Ça sentait l’encre, le papier et le plomb, » s’enthousiasme Jeanne. « La taille des machines est impressionnante, la finesse des matrices ahurissantes. » Car durant une semaine, les intuit labiens ont oublié le wifi, les ordis et se sont offerts un retour aux sources. Hugo raconte ce choc des cultures. Habituellement, « on tape, on frappe sur nos claviers. Tandis que l’imprimeur, lui, compose. » Ce qui correspond seulement à des « tâches de lumière sur nos écrans : les caractères, les lettres et les phrases. A Grignan, cela a pris vie. »

Durant une semaine, « on a parlé de prote et de conscience, » révèle Inès. « On a composé des textes, fondu du plomb et aussi fabriqué du papier. On a parlé de foulage, de composteur et de châssis. On a justifié et on est passé à l’épreuve. Et tout cela n’a été qu’une infime partie de ce monde qui regorge de magie… ».

Clara, elle, se souvient que « munis de nos gouges, il ne fallait pas avoir peur de se salir et de s’écorcher les doigts pour s’attaquer à la linogravure. Décoiffés par le vent du nord, nous avons multipliés les épreuves d’impression et les essais de mises en page. »

Si les explications semblent renvoyer à un temps ancestral que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, nos étudiants, eux, ne se sont pas ennuyés pour autant. Ils ont emmagasiné des connaissances sur l’histoire de leur profession avec beaucoup de plaisir. « C’est un travail de longue haleine, » précise Floriane. « Mais c’est bien plus intéressant et amusant que de taper sur un claver. Néanmoins, il faut être vraiment concentré, car à la moindre erreur et tout doit être reprit à zéro. »

Grâce à ce séjour remarquable, « on a compris la mécanique de la typographie qui se cache derrière le ‘clic’, » confie Clara. Avant que Devi n’ajoute : « on touche de nos mains tous ces éléments qui permettent de donner vie aux textes que l’on écrit. »

Des émotions fortes ressenties au cours de cet apprentissage de la typographie traditionnelle en grande partie dues aux personnages, haut en couleurs, qui apprécient de transmettre leur ferveur dans cet antre de la typo. « Philippe et Yoann nous ont conduit dans leur univers qui est bien plus qu’un simple métier : une passion et un art ancestral, » avoue Mylène. « L’’imprimerie est un monde de métal, de plomb, d’étain, d’encre et de papier empreint de poésie et d’histoire. Et des histoires, Philippe en a ! C’est avec passion qu’il nous les a comptées, » se rappelle Hugo avec le sourire.

Grignan, c’est avant tout une aventure humaine jalonnée de découvertes sur l’histoire de l’imprimerie mais aussi sur la vie en communauté. « Il y a plusieurs moments admirables où je me suis sentie comme dans un rêve » avoue Peng avant de conclure : « Grignan va rester un très beau souvenir ! »

Une belle manière de finir l’été avant de rejoindre les bancs de l’école intuit.lab pour un enseignement plus digital, tout aussi passionnant.

Merci à tous les participants et intervenants de Grignan pour avoir donné des étoiles dans les yeux à nos 3e année.