Y a pas que sur la croisette, qu’on parle ciné !

La 70ème édition du Festival de Cannes s’est ouverte hier. De nombreux films sont en compétition jusqu’au 28 mai prochain. A cette occasion, nous avons demandé aux étudiants de 2e et 3e année ce qui faisait une bonne affiche de film. Décryptage…

Charles (3e année)

«  Une affiche impactante, c’est un 50-50 entre un message fort et une belle image. Ensuite, au cinéma, il y a des codes qui se dessinent. Soit on met en avant le texte, soit le visuel. Pour schématiser, dans les comédies romantiques, on va mettre en avant un couple avec un texte en rose et probablement une tierce
personne pour tenir la chandelle. Dans les comédies musicales, on va jouer sur la typo et tenter de représenter la musique au travers des lettres. Dans la Science Fiction, l’image ou les personnages phares vont être plus importants. C’est le cas dans la saga « Star Wars » ou dans « Prometheus ». La couleur va ensuite dépendre des émotions que l’on souhaite faire passer dans le film.
Perso, j’ai tendance à aimer les vieux classiques qui ne se démodent pas, comme « Bullitt » avec Steve McQueen. Dernièrement, c’est la communication répétitive « d’Alien: Covenant », partout dans Paris, qui a retenu mon attention. Un visuel sombre avec juste une pointe de vert. Simple et efficace !


Hélène (2e année)

« Une bonne affiche, c’est une question de couleur, de typo et d’éléments atypiques à trouver dans les personnages ou la composition des paysages. Il est important aussi de dépeindre les émotions les plus présentes et d’en proposer une lecture visuelle inattendue au spectateur. Je pense à « Premier Contact » du Canadien, Denis Villeneuve. Il n’y a pas d’explosions ou de têtes d’affiche. Mais on se pose des questions. On est interpelés par le côté impressionnant qui se dégage de l’image. Sinon, il faut une typo forte comme celle « d’Orange Mécanique », ou la simplicité jaune et noire du poster de Stanley Kubrick pour « The Shining. »


Louise (3e année)

« Pour moi, c’est une typo un peu stylée, travaillée à la main avec une superbe illustration au lieu d’une simple photo. Le film de Tim Burton, « Mars Attacks! », représente parfaitement mon propos. Très coloré avec une typo en volume venant accentuer le côté absurde du film et des personnages. Le mélange en devient cool. »


Benoît (2e année)

« Un concept fort. Les posters dont on se souvient sont ceux qu’on explique en un ou deux mots. Prenons « Les Dents de la Mer », on a un requin et une nana. C’est super simple et efficace. Après, cela dépend aussi du genre du film. Dans le classique de Kubrick,« 2001 : l’odyssée de l’espace », l’affiche par sa symétrie traduit le grandiose, le mystique et la théorie existentielle insufflée par le réalisateur dans son film. Mais c’est complexe. Il faut voir le film pour mieux comprendre l’affiche. Des films plus grand public vont, eux, mettre en avant des personnages ou des univers comme avec la saga « Star Wars ». Personnellement, j’aurai adoré créer la première affiche « d’ Alien » avec cet œuf plongé dans l’obscurité. Elle traduit le mystère. Plongé dans le noir, on s’interroge sur la tête de cet extra-terrestre.
Simple mais parfait. »



Susie (3e année)

« Il s’agit d’un dosage parfait entre donner des indications visuelles ou de contenu sans trop en révéler. Un peu comme dans la pub. Me vient à l’esprit l’affiche de la série « True Detective », en monochrome, très simple avec un ou deux traits super stylés. Une autre idée d’affiche pleine de créativité, celle où la tête défragmentée, pixélisée, de Johnny Depp illustre le thriller « Transcendence. Un peu kitch mais chouette !»


Chloé (2e année)

« L’affiche ne doit pas trop en dire. Elle doit laisser une place à l’imagination. Pas comme dans les comédies romantiques américaines ou en lisant le titre l’on connait déjà la fin. L’univers coloriel joue aussi un rôle important pour déterminer le genre du film. Comme dans « Lion » de l’Australien, Garth Davis. Le sujet est sérieux. Le poster deux simples images mais avec des couleurs lumineuses donnant du corps et faisant passer des émotions. »


Maxime (3e année)

« La simplicité des « Huit salopards » réalisé par Quentin Tarantino me vient à l’esprit. L’affiche représente la synthèse parfaite du film. Sans même l’avoir vu, on est capable de déchiffrer l’univers dans lequel on va plonger. Une bonne affiche vend le film et donne envie d’aller au cinéma. »